mercredi 7 mai 2008

Délires spasmophages anamorphosés

Il y a des créatures qui habitent sous ma peau
Je les sens se glisser entre les muscles
Sur les os, dans les veines, dans mon cerveau
Partout, partout
Je ne suis pas seul dans cette carcasse pourrie
Des créatures me mangent sans bruit
Et je ne peux rien y faire
Je ne peux que me taire
Aucune douleur pourtant
Aucune douleur partout
Je me demande combien de temps il leur faudra
Pour en finir avec moi
Aucune douleur, aucune douleur
Elles mangent ma chair et mon âme
Elles boivent mon sang et mes larmes
Elles broient ma patience
Elles grignotent mes sens
Elles dévorent mes nuits
Elles mâchent qui je suis
Elles festoient sur mes angoisses
Elles avalent tout ce qui passe
Puis elles vomissent
Et elles pissent
En cadence
Et recommencent
Leur festin
Sans fin

Je ne suis que le tas tremblotant
de leurs excréments.

jeudi 24 avril 2008

The matrix has you

Il y a quelques semaines de cela, j'acceptai dans mon infinie bonté d'accompagner une amie (appelons-la Brigitte) à Yokohama afin de l'aider dans ses démarches administratives en vue de se procurer une carte VISA. La tache s'annonçait ardue mais ce fut avec plein d'entrain que nous prîmes d'abord la direction de sa banque, parlant de tout et de rien. Malheureusement nous étions samedi midi et bien que les portes de la banque étaient encore ouvertes, les guichets, eux, semblaient désespérément abandonnés comme des épaves fantômes. Nous pensions alors repartir la queue entre les jambes lorsque nous aperçûmes caché derrière une porte vitrée, le cerbère des lieux qui nous dévisageait avec crainte. C'était une sorte d'homme entre deux âges, ventripotent et engoncé dans son uniforme qu'il portait non sans fierté. Nous le hélâmes. Mais en nous approchant je crus bien discerner un changement subtil dans sa posture, un peu comme quand un élève ne veut pas répondre à la question du professeur et que celui-ci balayant la classe des yeux, pose soudain son regard sur sa victime, qui essaie de se cacher sans succès dans sa trousse ou sous son cahier. Hélas, il n'y a aucune échappatoire possible. Nos pas résonnaient sur le sol trop bien ciré de la banque et c'était, pour paraphraser l'agent Smith, "le bruit de l'inéluctabilité" pour notre aimable gardien.
Une fois à sa "hauteur", j'entamai une conversation dans un japonais frais et intelligible qui restera dans les annales de la communication interculturelle:
Moi "Pardon, la banque est-elle encore ouverte?"
Lui {Mode panique ON}"Gniiiiiiiiiiiiiiiiiii....." (le son qui sortit m'apparut être de l'anglais pour écoliers attardés)
Moi "Pardon?"
Lui (ruisselant) "Non, c'est ouvert seulement pour les prêts immobiliers"
Moi "Ah bon!"
Lui (suffoquant) "oui, je suis vraiment désolé de vous causer autant de soucis"
Moi "Merci bien"
Lui {Mode panique OFF}
Nous laissâmes notre brave homme se remettre de ses émotions et nous decidâmes, un peu déçus, de nous rendre à un grand magasin qui d'après Brigitte, fournissait également des cartes VISA à ses clients. Apparement elle avait déjà été refoulée il y a quelques temps pour "incapacité à lire le japonais". On lui avait par contre laisser entendre que ce serait possible à l'avenir, et l'avenir nous y étions.

Nous arrivâmes plein d'entrain au grand magasin en question et prîmes la direction des ascenseurs afin de monter au bureau où sont dispensées les cartes.
In petto je pensais que ce n'était pas gagné car nous fûmes accueillis par une employée au large sourire figé. On nous donna une petite fiche à remplir et nous nous installâmes à une petite table, armés d'un simple stylo noir. Brigitte n'étant pas encore assez à l'aise pour ce genre de formalités, je m'attelai à renseigner en japonais les informations la concernant: adresse, lieu de travail, numéros divers etc...
Tout allait bien dans le meilleur des mondes lorsqu'IL arriva.
{mode Lovecraft ON}
J'écris pendant qu'il me reste une once de lucidité et que mes facultés mentales ne m'ont pas encore complètement quitté. Mais saurais-je (oserais-je même?) décrire avec calme et précision l'entité immonde qui nous apparut à ce moment-là, sans disparaître automatiquement happé, dévoré et englouti dans les affres de la folie absurde et indicible? Il le faut pourtant, pour laisser un témoignage à ceux qui voudraient venir eux aussi dans ce temple de la démence pour être sacrifiés à des dieux sans nom sur l'autel de la différence culturelle. L'entité donc, car c'est la seule terminologie qui me vient à l'esprit lorsque je repense à cette horreur plus grotesque encore qu'un clown en short à un enterrement, se présenta à nous. On aurait dit le croisement contre-nature d'une serpillère et d'un porte manteau monté sur ressorts, au sourire tentaculaire et au costume bien repassé.
{mode Lovecraft OFF}
Il nous salua et nous lui repondîmes en japonais ce qui nous valut un très sincère et surtout très original "Oh, vous parlez bien japonais!". J'eus l'irrésistible envie de répondre "Vous aussi" comme à mon habitude mais ce trait d'humour tombe toujours à plat au pays du soleil levant, non sans provoquer un petit sursaut scandalisé. Nous répondîmes simplement "merci" de concert. Puis toujours souriant comme un poster de Mickey avant Noël, il nous demanda qui de nous deux désirait se faire faire une carte. Brigitte leva une main hésitante. Notre ami, me voyant écrire sur la petite fiche, demanda alors à mon amie si elle savait écrire ou comprendre le japonais. Elle lui indiqua qu'elle commençait à se debrouiller à l'oral. Il lui tendit alors un document et lui demanda si elle pouvait lire le petit texte qui y était écrit. Elle répondit négativement. Il émit alors cette complainte propre au japonais qui consiste à 1. serrer les dents et à inspirer de l'air par la bouche en faisant le plus de bruit possible comme quand on s'est brûlé la langue, tout en 2. inclinant la tête à 45 degrés sur le côté en prenant un air faussement ennuyé et en terminant par 3. une grimace contrariée et une expiration bruyante au niveau des cordes vocales, signifiant "Je vois".
Il nous signifia que si Brigitte ne pouvait ni lire ni écrire ni parler le japonais couramment il serait difficile pour elle d'obtenir une carte. Je lui exprimai mon désaccord en lui demandant le rapport entre savoir lire le japonais et recevoir une carte VISA. Sa réponse fut spontanée, bien huilée: "Mais c'est ennuyeux si elle ne peut pas lire le courrier que nous lui enverrons". J'avais envie de lui rétorquer qu'elle pourrait le faire traduire par des amis japonais mais je savais qu'il était inutile de donner des coups d'épée dans l'eau.
En employé consciencieux, il s'empara tout de même de la fiche et relut les informations que j'avais renseignées en y apportant quelques corrections. Cela fini, il nous demanda de bien vouloir patienter pendant qu'il allait entrer toutes ces informations dans l'Ordinateur et conclut par une assertion plus tranchante encore que le fil de la guillotine et qui restera ancrée à tout jamais dans mon cerveau torturé: "Mais j'ai bien peur que l'Ordinateur refuse votre dossier." Il s'en alla.
J'étais subjugué et apeuré à la fois. Nous étions dans la matrice et l'agent Smith (encore lui) était bien réel, la réalité était déformée et terrible à la fois: c'était l'Ordinateur qui allait donner une réponse. Pas lui, pas son chef ou un autre quidam de l'administration, non: l'Ordinateur.
Il revint plusieurs fois nous demander des précisions et je l'entendais ruminer dans sa barbe comme un maniaco-compulsif: "A mon avis l'Ordinateur va dire non, mais moi je veux qu'elle obtienne sa carte! Hein, oui! Je veux qu'elle l'obtienne! Oui je le veux..." On aurait dit le monologue schizophrène de Gollum dans le Seigneur des Anneaux.
L'opération dura bien une vingtaine de minutes et lorsqu'il revint pour la denière fois, il émit de nouveau une complainte faussement ennuyée avant de nous signifier cette vérité que nous redoutions mais que nous savions la seule plausible au moment même où la femme à l'accueil nous avait souri, cette vérité qui remet en cause les fondements primordiaux de notre conception du rapport entre l'homme et la machine, cette vérité que nous refusons viscéralement du fait de son absurdité même: "l'Ordinateur a dit non!".
Ca valait bien le coup de nous tenir la jambe pendant 20 minutes, tiens.
Nous partîmes par où nous étions arrivés mais sans la précieuse carte et Brigitte ne pouvait contenir sa déception mêlée d'agacement. Au loin, près de son maître, notre aimable employé oscillait de haut en bas comme un métronome fou en s'excusant mille fois.
Nous ne le revîmes plus jamais.

Au Japon tout est dans le processus. Le résultat d'une concertation est en général peu important, pourvu que le processus a été respecté comme un rituel. Dans beaucoup de cas la réponse est même déjà connue de tous mais elle doit être justifiée par une concertation inéluctablement orientée mais néanmoins nécessaire quite à perdre du temps et à être contre-productif. Si vous avez besoin de telle ou telle chose pour effectuer tel ou tel travail, vous devrez vous adresser à votre supérieur qui s'adressera au sien et ainsi de suite, avant que ça ne redescende, bien après. Entre temps on aura tergiversé, noyé le poisson, fait semblant de chercher des solutions à un problème déjà résolu avant même qu'il ne soit posé. On aura finalement perdu un temps fou pour rien.

Il y a quelques jours nous sommes retournés à la banque de Brigitte près de chez elle cette fois. L'employé était très sympa et moins caricatural que l'autre. Nous avons passé deux heures en formalités à recopier et recopier les mêmes formulaires pour diverses raisons. La réponse tombera par courrier dans quelques semaines.
Je me rappelle toujours le refus que j'avais essuyé à la Banque de Yokohama suite à ma demande de carte VISA. Le courrier que j'avais reçu était écrit dans un japonais extrêmement obséquieux et compliqué et m'expliquait qu'en dépit de l'insigne honneur de me compter comme le plus extraordinaire et le plus cher de ses clients, la banque avec une infinie tristesse mêlée de honte ne pouvait accéder à ma requete et m'assurait que tous les employés en pleurait le soir en se flagellant. Raison invoquée: "Secrète".

mercredi 16 avril 2008

L'impermanence mes amis, l'impermanence!

Tout me paraît vain ces temps-çi.
Ca m'inspire un haiku, forme poétique qui m'attire de plus en plus. Tout dire sans rien dire.

Rafale de vent
Dans les cerisiers en fleur
Tout est à refaire

風が吹く 桜の花を 直さなきゃ

mercredi 19 mars 2008

Délires abyssaux mélanophiles

La bête noire rampe et agonit dans l'obscurité latente offerte par mon ombre décharnée sous une lune cadavérique. La bête noire essaie de se frayer un chemin de ses griffes acérées au travers de mon crâne sacrifié sur l'autel de la solitude abjecte et visqueuse comme les larves putrides qui s'extraient de mes espoirs les plus démentiels. La bête noire creuse sans cesse au fond de mon être dont les balbutiements étouffés et morbides se reflètent dans le miroir de ma conscience écrabouillée par des années de réflexions stériles. La bête noire lacère, déchire, écorche, griffe, mord, tord le peu de vie qui reste encore dans mon corps mort et offert en offrande aux Dieux nécrophages et invisibles qui vivent au delà des plaines glacées de ma volonté. La bête noire sort enfin, rampe d'abord et c'est un bien fou que de la voir se débattre à la lumière du soleil levant qui éclaire maintenant le cimetière froid qui trône au sommet de mon âme. La bête noire se débat et se roule par terre en agonisant comme une bête apeurée qu'on aurait rouée de coups. La bête noire émet des cris d'une horreur à peine descriptible qui font échos à l'effroi ressenti par le nouveau né à qui la mère vient égoïstement de donner naissance. La bête noire veut rentrer et rester de nouveau dans l'antre immonde mais si rassurant de ma carcasse décomposée. La bête noire dans un dernier effort, s'agrippe et me grimpe dessus, griffes et crocs frénétiquement enfoncés dans ma chair. La bête noire arrive à la hauteur de mon cœur et dans un ultime effort y plonge en faisant exploser mon thorax à la hauteur du plexus solaire d'où s'échappe des flots continus d'un sang noir et opaque. Tous mes viscères essaient de s'échapper à la vue de la bête noire qui pénètre comme une foreuse à pétrole. Le sang explose en gerbes fabuleuses et c'est une douche maintenant pourpre qui arrose le béton alentour. La bête noire a repris de son poil, plus noir qu'une nuit sans lune où l'orage menace de recouvrir de ses nuages de plomb toutes vies abandonnées à sa merci. La bête noire continue son carnage, son massacre, son génocide, et moi je regarde le soleil qui se lève, souriant comme un imbécile heureux qui ne comprend pas qu'on abuse de sa gentillesse depuis si longtemps. La bête noire a repris le contrôle de mon esprit, de mes sens et de mes membres.
Le soleil est déjà en train de se coucher et j'assiste au plus beau des crépuscules. La bête noire, tapie au fond de moi fixe de ses yeux le ciel qui s'assombrit et dans lesquels se reflète une nuit sans étoiles.

Texte écrit d'une traite en écoutant "The Hate" par Die Form. Seule l'orthographe a été revue.

samedi 15 mars 2008

Le train

Sur le quai, les gens sont alignés tels des sardines dans leur boîte, en de longues files bien droites et sages, face aux écussons aposés sur le sol qui désignent le lieu exact où les portes du train se trouveront et s'ouvriront une fois ce dernier à l'arrêt.

Nous sommes au Japon, et au Japon on aime l'ordre.

Une douzaine d'annonces plus tard, le convoi arrive enfin. Désespérément à l'heure. S'opère alors une métamorphose tout à fait singulière: les files d'attente, pourtant si disciplinées la seconde précédente, se désagrègent, se délitent, se dissolvent. Les gens se massent des deux côtés des portes afin de laisser sortir les voyageurs. Puis c'est un chaos de salary-man, de lycéennes en jupette et socquettes bleues, de mamies blindées en titane qui jouent du coude, de sosies plus ou moins réussis de Tina Turner et Rod Stewart, voire du Roi Lion, qui se rue et s'engouffre dans les entrailles du "densha". Objectif: trouver une place assise à tout prix et pour ça tous les coups sont permis du moment qu'on arrive à s'asseoir. Penser d'abord à soi. Et tant pis pour les vieux. Tout ce petit monde vient de basculer sans le savoir dans un autre monde; une sorte de zone de non-culture où les piliers traditionnels de la culture japonaise pourtant apparemment inébranlables d'habitude, s'écroulent comme des châteaux de cartes.
Ceux qui n'ont jamais vécu une heure de pointe sur des grands axes ferroviaires à Tokyo n'ont pas vraiment vécu.

Nous sommes au Japon, et au Japon on est respectueux.
Nous sommes au Japon, et au Japon on est silencieux.
Nous sommes au Japon, et au Japon on est propre.

Mais dans le train, on est un peu comme à la maison: on se maquille, vulgairement s'il vous plaît; on mange et on laisse ses détritus sous le siège, l'air de rien (de toute façon y a des gens payés pour faire le ménage, ça leur donne du boulot); on écoute sa musique, fort s'il vous plaît (de toute façon personne ne dira rien); on s'affale par terre...

Nous sommes au Japon, et au Japon, qu'elle soit affective ou physique, on aime et on respecte la distance (sauf peut-être quand on est ivre). Dans le train, exiguïté et forte densité oblige, la sacro-sainte distance devient par la force des choses une notion plutôt vague, et on se retrouve compressés, écrasés, obligés d'avoir à se frotter aux autres: dans le meilleur des cas à une jolie O.L (office lady), dans le pire à un salary-man graisseux sentant le tabac et l'urine ou plus insupportable encore, un étranger. On prend son voisin pour un oreiller, on laisse sa main se balader sous les jupettes toujours un peu trop courtes des jeunes filles (de toute façon elles doivent le chercher ces petites cochonnes), on se pousse, parfois violemment... pour sortir.
Car le train, surtout à l'heure de pointe, est une épreuve terrible, un enfer dont on veut s'extraire le plus vite possible, un abîme de honte et de douleur où la perversion du système, à moins que ce ne soit celle de l'être humain lui-même, "l'homo japonicus", nous a fait tomber le Masque.
C'est un autre Japon.
Moins cliché et aseptisé peut-être? Plus humain certainement.

Toujours est-il qu'on en sort exténué, vidé, énervé, dégoûté, scandalisé.
Sur le quai, on respire et on réajuste son Masque... avant de refaire la queue pour la correspondance...

jeudi 13 mars 2008

Allez tous mourir

Je ne me sens pas très bien.
J'ai envie de vomir.
Je crois que je vais vomir,
à la gueule du monde.
J'ai un goût amer
dans la bouche.
J'ai envie de cracher
à la gueule du monde.
Tout me répugne
me met mal à l'aise
me dégoute
me révulse
m'exaspère
m'irrite
et m'énerve.
A commencer par la mienne
de gueule
le matin dans le miroir.

lundi 3 mars 2008

ちぃ

J'ai le cerveau engourdi
Comme anesthésié
Comme envoûté
Plus d'imagination
Plus d'inspiration
Plus rien n'en sort
Si ce n'est des morceaux
D'intelligence pilée
Si ce n'est des bribes
De souvenirs déchirés
Je crois que quelque chose
En moi s'est cassé
Plus de motivation
Plus de sensations
Plus rien ne sort
Quand j'essaie de crier
Si ce n'est un seul son
Surgi du passé:
ちぃ

mercredi 27 février 2008

Trop bon, trop con

Plus que le mépris subit et incompréhensible, le plus douloureux ce sont les promesses non tenues et les souvenirs qui s'accrochent avec leurs puissantes griffes. J'en ai le crâne déchiré, perforé, troué, fatigué. Mais maintenant au moins tu peux sortir.
Sors de ma tête.
Sors de ma tête.
Sors de ma tête.
Sors de ma tête.
Sors de ma tête.
Sors de ma tête.
Sors de ma tête.
Sors de ma tête.
Sors de ma tête!

mercredi 20 février 2008

Alchimie de la souffrance.

Quand l'absence se fait trop longue et se charge d'incompréhension et d'impuissance, se créée alors une alchimie complexe qui consume le corps et l'esprit à petit feu. Les sens hallucinent une présence et sollicitent le cerveau jusqu'à saturation. Pendant ce temps, le cœur injecte par saccades un poison froid qui commence par paralyser la poitrine. C'est l'étouffement permanent. Les bouffées de chaleur. Et l'absence se prolonge. Le cerveau explose. Des morceaux de souvenirs dégoulinent des murs, polluent l'air et les objets quotidiens. Ils s'immiscent dans la musique. Tout pourrit. Surtout l'espoir, mais les sens continuent à halluciner, le poison à couler et le coeur à battre à tout rompre.

Quelle horreur de sentir son coeur battre et le venin de la vie couler en soi.

dimanche 10 février 2008

Sleeping beasty beauty

Flash électriques, bleus, rouges, blancs
Néons épileptiques et hallucinés
Complexe fantastique de fils et de béton
Souvenirs stroboscopiques évaporés
Rythmes frénétiques, E.B.M et Electro
Désir métaphallique, abîmes de liquide iodé
Mélanges organiques, sang, sueur, salive...
Décor angélique et paysage ravagé
Passions gothiques, robe noire et teint pâle
Vie post-apocalyptique sur le plancher
Présence fantomatique de cette petite
Sourire nostalgique, envie de pleurer
Absence physique, sans lendemain
Illusion d'optique ou rêve éveillé?

mercredi 6 février 2008

Bientôt les abysses.

La vie est d'une tristesse !
Un ocean de désespoir s'échappe de mes yeux. Et je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule. Je coule.
Et plus de bouée de sauvetage.

dimanche 13 janvier 2008

Schaltet den Schmerz ab

Coupée. Tranchée. Lacérée. Déchirée.
J'ai envie de vomir tellement je ne sais pas quoi faire. J'ai l'impression qu'en dépit de mes efforts, l'issue est destinée à être la plus glauque possible. Je ne sais pas si j'aurai la force d'assumer ça. Je voudrais fermer les yeux.
Couper et dormir.
Couper et saoûler.
Couper et vomir.
Une telle tristesse ne devrait pas rester inconsolée. Ignorée. Pourquoi personne ne la comprend? Pourquoi tout le monde l'ignore? Ici les naufragés de la vie sont gavés de médicaments et on les laisse s'échouer comme des épaves trouées.
Couper et mentir.
Couper et pleurer.
Couper et maigrir.
Je ne sais pas quoi faire. J'ai peur de devenir le seul phare dans sa nuit, un phare qui n'éclaire même pas ses propres pieds. J'ai de la force pour deux mais pas à profusion. Mes réserves sont limitées. Je ne sais pas quoi faire. J'ai peur subitement. 誰か助けて。
Couper et blémir.
Couper et saigner.
Couper et sourire.
Le sourire de la desespérance est si beau et si touchant que je suis désarmé. Chez moi, jamais de plantes vertes, ni de fleurs, ni de vie, ni d'insectes. Une vie métallique et pierreuse. Et pourtant (いつのまにか) une petite rose noire, à peine née, à peine fanée. L'eau ne suffit plus.
Couper et subir.
Couper et plonger.
Couper et couler.
Couper les tendons de la vie et mourir.