Autour de moi s'étendent à l'infini les champs ternes de la mélancolie. Le sol, d'un gris sale et caillouteux, est désespérant: aucun relief, aucun bosquet, aucun arbre même décharné et mourant. Rien, vide et honni même des plus misérables insectes. Le ciel, lui aussi, est à l'image de mon existence: des nuages bas couleur de rouille me recouvrent comme le couvercle d'une vieille casserole oubliée au fond d'une étagère et qu'on n'aurait plus ouverte depuis des siècles. Même le spectable pitoyable de la lune qui me vomirait dessus ses rayons pâles et froids m'est refusé.
Je ne sais pas quand ni où je suis, mais je crois savoir pourquoi: cet espace sans vie, sans émotions, sans sentiments si ce n'est la solitude, sans rien, est le seul endroit où mérite de se trouver les gens fades et médiocres. Ce n'est que justice.
J'ai envie de vomir, de pleurer et de me tailler les veines pour finalement me pendre avec, mais je ne peux pas. Je suis un squelette et il n'y a nulle part où se pendre. Le spectacle même de ma chair à vif, de mes viscères éparpillés et de mes larmes m'est également refusé. Rien, rien et rien. Sauf des os, de la pierre, de la poussière.
De la pierre et des os. Pas d'eau ni de vent ni de froid. Pas de vie, pas de mort. Rien.
RIEN, VOUS ENTENDEZ! RIEN, RIEN sauf des os, de la pierre et de la poussière.
Je vomis de la poussière et c'est déjà beaucoup.
Pas de larmes. Une seule larme me ferait pourtant plaisir. S'il vous plaît, laissez-moi pleurer un peu...
Non, des pierres, des cailloux, du gravier, des os et c'est tout. Et en fait d'os, ce sont les miens.
De la caillasse et une carcasse sous ce ciel de fer.
Je lance des gravats au dessus de moi et j'ai l'espace d'un instant l'impression merveilleuse d'avoir vu des étoiles qui me souriaient. J'ai envie de leur sourire à mon tour mais la réalité est cruelle: un squelette, ça ne sourit pas... ou plus.
Les petits cailloux finissent par retomber un à un sur le sol en imitant j'imagine, le son de la pluie, sauf quelques-uns qui retombent sur moi.
Ceux-là imitent simplement le bruit des cailloux qui tombent.
dimanche 18 novembre 2007
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2 commentaires:
Ah ben non...
L'écriture, ça sert à ça aussi, à vomir. J'espère que ça fait du bien, un peu.
Non.
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